Rosalie et Emmett revinrent de France quelques jours plus tard. Carlisle avait pris le soin de les appeler pour les informer des précédents événements. Leur cacher la raison de leur retour dans les plus brefs délais aurait été de mauvaise foi. Aussi nous avions décidés de leur annoncer par téléphone afin de leur permettre de se remettre du choc pendant le voyage de retour.
Les retrouvailles furent brèves, et silencieuses.
-Nous sommes condamnés ? Souffla Emmett, le regard vide.
Personne ne prit la peine de répondre. Étais-ce réellement nécessaire ?
-Faisons nos valises, nous partirons pour Volterra à l'aube., informa Carlisle.
Edward resserra son étreinte autour de ma taille. Il n'avait pas dit un mot depuis le retour de Rosalie et Emmett.
-Pourquoi Volterra ? Demandais-je.
-Aucun de nous ne sait où se situe réellement Arkandis. Seuls deux des Volturi, Marcus et Aro peuvent nous le dire. Mais ils exigeront certainement quelque chose en échange. Nous devons nous préparer à négocier.
Carlisle se mordit la lèvre inférieur. Lui même semblait dépassé par les événements. Esmé posa sa main sur son épaule.
-Tout ira bien, rassura-t-elle. Tout ira bien.
Cependant, sa voix semblait dénué de confiance. Nous comme elle savions que ses paroles étaient vaines. Seul un miracle pouvait sauver la famille Cullen désormais.
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Lorsque le soleil eut disparu, laissant place à une nuit sombre et dépourvue d'étoiles, nous décidâmes d'aller chasser. Rosalie, Emmett, Alice et Jasper partirent du côté des parcs naturels, Carlisle et Esmée vers les montagnes peuplées d'élans et de cerfs.
-Et nous, de quel côté allons-nous ? Demandais-je a Edward tandis que nous sortions de la maison.
-Tu verras, chuchota-t-il en m'adressant un clin d'½il.
Il me prit la main et nous nous élançâmes dans les bois. Il m'entraînait dans un endroit que je pensais connaître. Un sentiment me poussait à croire que j'étais déjà passée par ici.
-Où allons nous ? M'impatientais-je.
-Je te l'ai dit, c'est une surprise.
Il accéléra, m'entraînant dans sa course folle entre les arbres. Puis enfin il ralentit le pas, et s'arrêta.
Son visage rayonnait.
-Où sommes nous ?
J'avais beau chercher dans ma mémoire, impossible de me rappeler cet endroit.
-Ouvre les yeux, souviens toi, répondit-il seulement.
Intriguée, je m'assis dans l'herbe dure. Le gel qui recouvrait le sol craqua sous mes doigts. Autour de ce coin d'herbe s'alignait les arbres sombres dans un cercle parfait. Puis le murmure d'un ruisseau parvint à mes oreilles. Aussitôt les souvenirs fusèrent dans ma mémoire.
La randonnéeLe soleil
Edward
Sa peau
Les diamants
La brise
Les bois
Le premier baiser
La clairière
-La clairière ! M'écriais-je.
Comment avais-je pu oublier !
Son visage s'illumina lorsque je prononçais ces mots.
-Oui ! Répondit-il. Il y a 32ans, c'est ici que j'ai compris que je ne pouvais me passer de toi, et que je me suis promis de ne jamais te faire de mal.
Puis il ajouta en baissant les yeux :
-C'est à cet endroit également que je t'ai désirée pour la première fois, que j'ai souhaité que ta peau tiède soit contre la mienne pour l'éternité.
Si j'avais pu rougir, j'aurais viré pivoine à la minute.
-Je t'aime, Bella Cullen. Le destin a choisi de nous assommer une fois de plus, mais cela ne changera rien à ce que j'éprouve pour toi. Nous sommes unis. Pour toujours.
Je me précipitais dans ses bras. O combien ces dernières décennies avaient étés sombres et douloureuses. Combien de fois avais-je rêvé de retrouver mon obsession pour Edward, et non pour celle du sang ? Las, le temps avait fait son ½uvre. J'étais de nouveau moi.
-Même si le temps nous est compté, rappelais-je. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour te sauver, pour nous sauver. Car tu es ma vie. Et donc nous sommes tous deux condamnés.
Il rit.
-C'est donc à toi de me sauver la vie pour cette aventure ?
-Absolument.
-Tu y arriveras ?
-Tu le sais bien.
Il m'adressa son sourire en coin, peu convaincu cependant, et rapprocha son visage du mien. Nos lèvres s'effleurèrent et il resserra son étreinte. J'avais l'impression que cela faisait une éternité que nous ne nous étions pas embrassé. Ses lèvres, désormais tièdes depuis que j'étais devenue vampire se moulaient sur les miennes avec une douceur incomparable.
Nous nous étendîmes un instant sur le sol craquant. Quelques flocons de neige se mirent à tomber, se déposant lourdement sur l'herbe de glace.
-Bien, dit Edward en se redressant. Il est temps de rentrer pour préparer les affaires à emporter.
J'acquiesçais et commençais à courir vers la maison, puis me rendant compte quelques instants plus tard qu'Edward ne m'avait pas suivie, je rebroussais chemin. Il était toujours au milieu de la clairière, le visage levé vers le ciel, les paupières closes.
-Edward ? Soufflais-je.
Il leva la main pour me demander de garde le silence. Puis il gonfla la poitrine, inspirant l'air à plein poumon. Enfin, il ouvrit les yeux et me sourit.
-C'est peut être la dernière fois que j'ai l'occasion de venir ici, expliqua-t-il. J'ai envi de graver cet instant dans ma mémoire.
Ma gorge se noua.
-Allons y, cette fois je suis prêt ! Affirma-t-il.
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Quelques minutes plus tard, nous étions dans notre chambre, occupés à empiler notre linge dans une grosse valise noire lorsque des bruits de pas se firent entendre dans la cour. A en juger par la force avec laquelle les pas s'enfonçaient dans le gravier, la personne qui arrivait était en colère. Ma théorie se révéla justifiée lorsque la porte d'entrée claqua. Edward se redressa et se mordit la lèvre.
-Arrête Jasper ! Je t'en supplie arrête !
Les cris raisonnèrent jusqu'à nous de l'étage inférieur.
-Mais je suis réaliste Alice ! Nous sommes maudit ! Tu ne mesures donc pas l'étendue de cette malédiction ? Nous sommes condamnés !
-Arrête ! Ne répète plus jamais ça ! Hurla Alice.
-Mais...
-ARRETE !
Alice, furibonde, monta les escaliers et s'enferma dans sa chambre. Au rez de chaussé, un bruit de verre cassé m'informa que Jasper avait sans doute sacrifié l'un des vases en verre poli d'Esmé.
Edward et moi échangeâmes un regard.
-Cette malédiction va sans doute nous ronger de l'intérieur avant de nous ôter la vie, supposa Edward. Je vais voir Jasper.
-Et moi Alice !
Edward se précipita au rez de chaussé tandis que je courrais jusqu'à la chambre d'Alice.
Cette dernière était étendue sur son lit, le regard rivé sur le plafond. Si je n'avais pas été au courant qu'Alice était un vampire, je l'aurais cru morte. Immobile, blanche et sombre, elle était telle un flocon de cendre s'échappant d'un volcan en fusion.
-Alice ? Soufflais-je en m'asseyant sur le lit à côté d'elle.
-Laisse moi Bella, s'il te plaît.
J'allais ouvrir la bouche lorsqu'elle me coupa la parole.
-S'il te plaît, répéta-t-elle.
-Mais que se passe-t-il entre toi et Jasper ? Vous qui êtes si complice ! Je ne vous ai jamais vu vous disputer depuis que je vous connais...
Alice se redressa, et s'adossa contre sa tête de lit.
-Je ne sais pas à vrai dire, j'ai eu le malheur de lui raconter ma dernière vision...
-Et qu'est ce que c'est ?
Elle posa ses tristes yeux dorés sur moi.
-Oh, devinais-je. Nous allons mourir n'est ce pas ?
-Pas toi, seulement ceux que la malédiction a touché. Carlisle, Emmett, Edward, Jasper et moi uniquement.
-Mais tes visions peuvent changer Alice ! Jasper devrait avoir compris depuis le temps... Regarde, tu m'avais vue mourir peu après notre première rencontre avec Edward et je suis toujours de ce monde !
-Peut être, mais Jasper est très superstitieux. Pour lui c'est comme si nous étions déjà mort et il refuse de perdre les six derniers mois de sa vie à lutter. Il préfèrerais que nous restions ici, à profiter. « C'est la fatalité, nous ne sommes pas immortels » a-t-il dit.
-Bien sûr que si ! M'enquis-je. Je suis sûre que Jasper est simplement préoccupé... et très pessimiste. Mais l'annonce de cette malédiction nous a suffisamment retourné pour qu'elle s'en prenne en plus à l'amour que nous nous portons. C'est le moment où jamais de se serrer les coudes !
Alice me dévisagea, et un triste sourire étira ses lèvres pâles.
-Depuis quand es-tu aussi optimiste Bella ? Comment peux-tu supporter l'idée qu'Edward soit condamné ? Je pense que ta situation est pire que la mienne... Au moins Jasper et moi serons ensemble quoi qu'il arrive...
-Merci de ta franchise, Alice, répondis-je d'une voix sombre.
Puis je me figeais.
Je n'avais jamais vraiment réfléchi à la signification de cette malédiction. J'avais toujours été persuadée qu'au fond de moi les choses s'arrangeraient d'elles même. Mais si j'avais tort ? Si Edward mourrait ?
Évidemment, sa condamnation pouvait s'associer à moi. Car si Edward venait à disparaître il ne s'écoulerait pas une heure que je l'aurais déjà rejoint. En fait, n'étions nous pas tous condamnés ? Je suppose que Rosalie et Esmée réagiraient comme moi si Emmett ou Carlisle venaient à mourir. La malédiction s'appliquait à nous tous, c'était une évidence.
-Bella ? M'interpella Alice pour me tirer de mes réflexions.
-Euuh, désolée, balbutiais-je.
Elle consulta sa montre et se leva.
-Assez déprimé pour aujourd'hui. Nous partons dans 3 heures, les autres ne vont pas tarder à revenir.
-Bien, je te laisse finir tes bagages.
Lorsque je retournais dans notre chambre, Edward avait déjà terminé de préparer les valises et était allongé sur le lit, dans la même position qu'Alice quelques minutes plus tôt.
-Edward ?
Il plaqua son index sur sa bouche et me fit signe d'approcher.
-Allonge toi à côté de moi, demanda-t-il en se décalant.
Je m'exécutais et, comme lui, me mis à fixer le plafond en silence. Seul le bruit de notre respiration raisonnait dans la pièce. Puis je sentis la main d'Edward se poser sur la mienne.
J'en profitais alors pour poser ma tête sur son torse. Sa main lâcha alors la mienne pour triturer mes cheveux.
-Je t'aime, souffla-t-il.
-Moi aussi.
-Bella, je refuse que cette malédiction se mette entre nous... Jamais je ne laisserais quoi que ce soit m'éloigner de toi.
Je compris alors pourquoi Edward semblait si perturbé. La dispute entre Jasper et Alice avait dû l'effrayer.
-Ne t'inquiète pas, le rassurais-je. Nous trouverons un moyen d'arranger tout ça.
Je sentis qu'il souriait.
Puis il se redressa et coinça mon visage entre ses paumes.
-Tu n'es plus obnubilée par le sang...Nos valises sont prêtes...Nous avons 3heures devant nous et...Nous partons pour un long voyage... (il ponctuait ses phrases par un baiser).
Voyant où il voulait en venir, je l'embrassais amoureusement en caressant ses boucles de cuivre.
Il rit devant mon emportement et ses bras se resserrèrent autour de ma taille. Puis il jaugea mon pull et haussa un sourcil.
-J'apprécie beaucoup ce pull en cachemire, et j'espère qu'il me pardonnera.
Il saisit un bout du vêtement et le déchira sur toute la longueur. J'éclatais de rire.
-J'avais oublié que tu pouvais être ainsi ! Le taquinais-je.
Il rit aussi, et m'embrassa derechef, m'allongeant sur le lit.
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A 6h30 du matin, nous étions à l'aéroport de Seattle, prêt à partir. Les bagages étaient dans la soute et nous étions prêt à embarquer. Jasper et Alice s'étaient réconciliés mais je sentais qu'une certaine tension était toujours présente entre eux.
-C'est parti pour 17h de vol... soupira Emmett.
-Nous devrions sérieusement songer à nous acheter un jet privé, blagua Carlisle.
«Nous n'aurions pas l'occasion de nous en servir » pensais-je. Et j'étais sûr, vu l'expression d'Edward, que je n'étais pas la seule à avoir eu ce genre de pensée.
Le vol se déroula calmement. Blottie dans les bras d'Edward, j'avais eu le temps d'engloutir une bonne demi douzaine de films, allant de « The dark Knight » à « Shrek 3 ». Emmett avait beaucoup apprécié l'ogre vert.
-C'est fou ce que ces humains peuvent faire avec un ordinateur ! Avait-il dit.
Après le dernier film, je fermai les yeux. Non pas pour dormir puisque j'en étais incapable, mais pour faire le vide dans ma tête et m'empêcher de songer à des choses trop pessimistes.
Quelques minutes (ou heures !) plus tard, je sentis Edward me frotter l'épaule pour me sortir de ma torpeur.
-Regarde, nous sommes arrivés ! Dit-il en pointant le hublot.
-Enfin ! S'enquit Emmett en s'étirant bruyamment.
En silence, j'observais une vieille connaissance au travers du hublot. Le premier niveau de notre lutte.
" Volterra "
PS : J'avou qu'il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre. Il est surtout basé sur les liens entre les personnages de la famille Cullen. Comme vous pouvez le voir, certaines tensions commencent à naître et croyez moi elles ne sont pas prêtes de disparaître. Car lorsque tout le monde est sous pression, il est normal que certains en paient le prix....
En réponse à Bruzilia, je n'ai pas voulu faire une fiction qui se passe après Révélation, tout simplement parceque je n'ai pas aimé le livre. Enfin je n'ai pas aimé la seconde partie. Je trouve que ce dernier tome n'est pas fidèle au reste de la saga : Edward et Bella se transforment en bête de sexe, il n'y a pas d'action mis à part une bataille verbale à la fin qui m'a frustrée ! Je voulais du sang, des morts, de l'action quoi ! Pour le sang, j'ai été servie avec l'accouchement de Bella, lequel ressemblait plus à un remake de film gore... Bref, je n'ai pas vraiment accroché, voilà pourquoi j'ai crée une fiction indépendante du dernier tome ^^ Par contre, tu es vraiment prof ? Si oui de quoi ? Si c'est vrai, je suis ravie que ma fiction plaise à un prof =)